c o l l e c t i o n g o u z o n

8.00

150gr
Dimensions : 15,2x24 cm
Papier cream
Deux feuilles pliées avec rabats
Tirage limité à 100 exemplaires

☞ Ferdinand Gouzon

La tentation de saint Antoine
« Chaque touche colorée agit comme le signe en plus d’une émotion au bord du maelström, elle irradie, désagrège et réorganise, elle fabrique ce bloc d’énergie pure tout en dissonances, allant chercher l’accord parfait, la note bleue, dans les confins du chaos fondamental de l’être. M’obsède depuis longtemps qu’Harmonie soit fille d’Arès, dieu de la guerre, et d’Aphrodite, déesse de la beauté, chez les anciens Grecs. Des ténèbres naissent les couleurs, voilà ce qu’affirme ce dessin. C’est un morceau d’inconscient que la couleur, démiurge, fait apparaître à la surface pour foudroyer le regard, cette foudre dont Maître Eckart affirme que celui qu’elle frappe « elle le retourne vers elle – face au coup ». On y voit du jaune, du cyan, des bleus outremer délavés, du rouge sang, des beiges et des verts en perdition noyés dans de grandes coulées noires qui sont le véritable fond du dessin par quoi les autres couleurs se précisent et s’assemblent. »

Scènes de crime (à propos de Frédéric Pardo & Max Ernst)
« Rivière mélancolique couverte d’une pellicule végétale nacrée sous un ciel bleu violet du soir ; buissons ocres, orangés, lie de vin aux pâles reflets expirant à la surface de l’eau ; arbres en ombres chinoises aux feuillages de dentelle troués de lumière blanche ; rive aux herbes épineuses, jaunâtres, au bord de laquelle personne n’a jamais posé les pieds. Le tableau, Paysage, daté de 1984, est de dimension moyenne, soixante cinq par cinquante quatre centimètres. Il est peint à l’huile et tempera sur toile. La tempera, technique en déshérence venue du moyen âge, confère à cette peinture ses couleurs prononcées et surnaturelles. Discret d’abord par son impression de calme inquiet, le tableau s’impose peu à peu au regard par l’agencement harmonieux de ses couleurs excentriques. C’est un paysage de concentration intérieure : une toile mentale. On y reconnaît un coin de France sur nature, un affluent de Seine près de Paris, un de ces motifs que Manet, Monet, Cézanne et d’autres choisirent en leur temps pour révolutionner le motif pictural. Un lieu subtilement déréalisé par le peintre dans une dimension rêveuse et bizarre, narcotique et idéale. Chez Frédéric Pardo, cette impression de faux flamboyant part de la couleur : presque trop crue, vénéneuse, tout entière suspendue à ses visions psychédéliques. »

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